Réaliser une Exposition

Par Julien Lachèvre et Marianne Attie

Résumé :

La Biennale de Venise est l’une des plus prestigieuses manifestations artistiques en Europe et dans le monde et une importante représentante de la pratique de l’exposition en matière artistique, c’est dans ce sens que nous voulions en parler pour décrire les étapes de la création/conception d’une exposition et les enjeux techniques et artistiques qui font d’une exposition ce qu’elle est. La réalisation d’une exposition dépend de nombreux acteurs et facteurs qui permettent de créer un dialogue et une expérience immersive entre visiteur et exposition, les différentes étapes se construisent de même manière qu’un projet de design où designer et technicien se rejoignent.

Introduction

La ville de Venise à jouer un rôle fondamental sur la plan artistique. Elle a donné à l’Italie quelques-uns de ses meilleurs artistes; Guglielmo, Zandomeneghi, Luigi Nono. Francesco Zuccarelli, qui avait étudié les paysages romains de Claude Lorrain a fait toute sa carrière à Venise. Il est donc tout naturel de considérer que Venise possède quelques uns des plus prestigieuses musées et galeries qui abritent chaque année les expositions du monde entier comme le Musée Correr, la Collection Peggy Guggenheim ou le Palais de doges. Effectivement, il va de soit de parler d’une pratique lorsqu’on traite de la production d’exposition ou plus exactement, de la théorie du design d’exposition. Ainsi, concevoir une exposition est un véritable défi que l’on ne ne distingue que lorsqu’on jette une œil de l’autre côté du rideau. Voici donc quelques fondements de la structure d’une exposition tel que décrit dans le guide pratique du Service de soutien aux institutions muséales: Réaliser une Exposition.

Les étapes de conception d’une exposition

  • L’exposition et sa structure

L’exposition est un des membres privilégiés dans le processus identitaire d’une société. « Elle joue un rôle dans le processus identitaire d’une société. Elle montre et démontre des reflets du passé et des parcelles du présent »1. Tout comme n’importe quel média, l’exposition jouit de ses propres caractéristiques. Dans une exposition, le visiteur circule librement dans un espace réel. Il est aussi le seul responsable du temps qu’il souhaite y passer. Voilà pourquoi, tel n’importe quel moyen de communication, l’exposition possède sa propre structure pour assurer son juste déroulement. Ces étapes qui balisent la création d’une exposition se présentent dans cet ordre: la planification de l’événement sert à établir les objectifs de l’événement tout en assurant le respect des trois grandes contraintes que sont la qualité, le temps et les coûts. La conception de l’exposition permet de définir l’essence de l’exposition et identifier les besoins pour sa réalisation. Vient ensuite la scénarisation où le projet se concrétise pour la première fois. Cette étape est un moment clef de la production d’une exposition et est suivi par l’étape de la production et la fabrication où les éléments matériels de l’exposition sont ainsi produit. L’étape du montage vient désormais mettre en place l’ensemble des éléments dont l’exposition constitue. C’est souvent lors de cette étape que les derniers ajustements sont fait avant l’étape finale qui est la présentation de l’évènement. C’est habituellement lors de cette dernière étape que l’on peut apprécier la réussite de l’exposition.

L’importance de la structure

  • La mission de scénarisation d’une exposition envers les visiteurs

L’objectif est l’intention d’exposition. Il y a un but précis;  sensibiliser, informer sur une situation ou un phénomène afin d’interpeller et transformer les perceptions. Le but est d’encourager la connaissance d’une problématique pour porter un jugement social comme l’exposition Anthropocène (2018) à Ottawa sur l’enjeu environnemental ou de faire découvrir dans un but éducatif comme l’exposition Dreamworks (2018) à Montréal sur l’expérience de l’animation pour les plus jeunes. Il faut définir le rôle des artefacts et les axes de leur expositions.

Le parcours doit rythmer l’expérience des visiteurs. Il peut être linéaire, ouvert, cloisonné, en croix. Il est façonné selon le scénario que propose l’exposition. Une exposition à parcours ouvert permet par exemple de circuler librement, ce  que l’on retrouve souvent de manière plus traditionnelle dans les expos de Beaux-arts. Un parcours linéaire est quant à lui souhaitable pour une exposition à discours continu, une approche chronologique de la thématique où le circuit suit un ordre de circulation préétabli dans les expos plus immersives comme les expos de sciences ou à visée audiovisuelle.

  • Le fil rouge de la scénarisation

La scénarisation est donc l’étape où l’on définit clairement le concept et la thématique de l’exposition.

Comme dans une pièce de théâtre, un scénario se développe et prend forme dans l’espace, Il y a alors une intégration des différentes zones, toutes dirigés par un fil conducteur. Lors de cette mise en scénario la recherche des artefacts se concrétise, pour chaque artefact il faut une documentation qui permettra de recueillir toutes les informations propre a chaque objets: Identifications, caractéristiques, fragilités, modes d’exposition, équipements nécessaires et conservation. Il faut établir un inventaire d’artefacts constitué de la liste des institutions propriétaires ainsi que des conditions de prêts et d’expositions. La mise en espace par un designer, est guidé par le commissaire d’exposition. Le designer définit un plan d’implantation des artefacts et propose une mise en scène. L’équipe définit le type de mise en espace, délimite le nombre de zones et de sous zones, le choix des éléments scénographiques; matériaux, couleurs, mobilier, types de supports et vitrines.

Communiquer en exposition

  • Communication muséal et besoins

À l’étape de la conceptualisation les besoins sont définis en déterminant l’ambiance,  l’atmosphère qui aura lieu en rapport au thème. Cette ambiance est souvent associé des outils tel que des technologies interactives ou encore une mise en espace interactive

Ces outils interactifs et technologies choisies doivent servir à la compréhension du parcours. Elles sont non seulement importantes pour la conservation et la sécurité de présentation des artefacts mais aussi pour la bonne réception de  l’exposition. Toutes les activités complémentaires dans l’exposition servent à clarifier, approfondir ou nourrir la thématique, il est de plus en plus fréquent de trouver au sein du parcours des modules interactifs qui utilisent des technologies de l’audiovisuel comme compléments à l’expérience. Elle servent dans la majeure partie du temps à inclure un public plus jeune (activités pour sensibiliser aussi les enfants à l’exposition). Les guides animateurs sont aussi importants sur ce plan. Le but absolue est d’aider les visiteurs à accéder aux différents niveaux de compréhension et d’approfondissement du sujet de l’exposition.

  • Les outils interactifs qui contribue à l’exposition

Comme il l’a déjà été mentionné, les expositions sont une des fondations de l’identité culturelle d’une société. Ainsi, il va de soit que pour qu’une exposition soit un succès tout en comblant la tâche qui lui est attribuée, elle se doit d’être accessible au plus grand monde. Seulement, alors que certains individus se distinguent par leur capacités auditives de compréhension, une très large partie de la population ressent un besoin de communication visuelle pour apprécier et comprendre un sujet. Voilà alors qu’entre en scène les outils interactifs de l’exposition. Qu’ils soient manuels, mécaniques ou électroniques, tous sont conçus en ayant en tête l’utilisateur de ces outils. Énumérons parmi ceux-ci les questionnaires audiovisuel ou encore les dispositif de visite guidée pour téléphone intelligent. Les interactifs font ainsi appel à l’intellect, le sensitif ou encore l’émotif pour toucher le plus grand nombre de visiteurs et ainsi faciliter le transfert d’informations.

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Bibliographie

1: Réaliser une Exposition (guide pratique). (2007). (80P). Service de soutien aux institutions muséales, Montréal, Québec.

2: Sourgins, C. (2014, 11 août). Aux origines de l’abstraction : les enjeux d’une exposition [Billet de blogue]. Récupéré de https://www.sourgins.fr/aux-origines-de-labstraction-les-enjeux-dune-exposition/

3: Histoire de l’art italien à Vénise https://www.universalis.fr/encyclopedie/peinture-italienne-xviiie-et-xixe-s/

Ouvrages supplémentaires

Charlebois, C. (2010). Le design d’exposition comme support à la pédagogie de musée: Analyse critique des concepts et approches en muséographie (Thèse). Université Concordia. Récupéré de https://spectrum.library.concordia.ca/979546/1/NR80164.pdf

Drouguet, N. Et Gob, A. (2014). La Muséologie. Chapitre 4, L’exposition : la fonction de présentation (p.122-187). Armand Colin. Récupéré de https://www.cairn.info/la-museologie-histoire-developpements-enjeux-actue–9782200291181.htm

Glicenstein, Jérôme. L’Art : une histoire d’expositions, Paris : Presses universitaires de France, 2009, (Lignes d’art) Vides : une rétrospective, Zurich : JRP/Ringier ; Paris : Ed. du Centre Pompidou ; Genève : Écart Publications, 2009. Récupéré de https://journals.openedition.org/critiquedart/449

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